• Sôseki l'appelait son "roman-haïku". Au printemps, un jeune artiste décide de se retirer dans la montagne, loin des passions et de l'agitation de la cité, rencontre une jeune femme malicieuse et fantasque, rêve de peindre le tableau qui exprimerait enfin son idéal et ne réussit qu'à aligner poème sur poème !
    Au fil du texte, Sôseki livre sa propre vision du roman, de l'écriture, de la poésie, comme on laisse vagabonder sa pensée en cheminant sur des sentiers de montagne.
    Une belle méditation sur l'art et la création.

  • La porte

    Sôseki

    Sôsuke et O-Yone sont liés l'un à l'autre comme deux gouttes d'huile qui, rejetées par l'eau, se seraient rejointes pour former une seule goutte ronde, à jamais indivisible.
    Mais pourquoi leur existence humble et paisible se teinte-t-elle de ces couleurs sombres ? Il semble qu'ils vivent depuis des années avec le poids d'un lourd secret. Ils s'attendent à ce que le destin leur demande de payer leur dette, quand justement, un signe se manifeste. L'heure est-elle venue ?
    Pour savoir ce qu'il en est vraiment, Sôsuke se retrouve devant la porte d'un temple zen. Un admirable portrait de couple dépeint avec une profondeur et une sincérité magistrales.

    Première parution poche en avril 1997.

  • Petits contes de printemps

    Soseki

    Sôseki écrivit pour un journal le feuilleton de ses Petits contes de printemps au printemps 1909. Ces fragments de journal intime ont chacun une tonalité très différente, tantôt intime et familière, tantôt d'une drôlerie délicate, étrange, ou encore empreinte de nostalgie. Ils donnent à voir le temps qui passe, la douceur d'un soir de neige ou la beauté des flammes. Une façon de lire l'impermanence des choses.

  • Sanshirô

    Soseki

    Sanshirô est le nom d'un jeune provincial ingénu qui « monte à la capitale » et découvre Tôkyô... Dans le Japon du début du xxe siècle, c'est être plongé dans un univers déconcertant et fascinant, tant sur le plan matériel - le pays est en pleine mutation industrielle - que sur celui de la culture, puisque Tôkyô est le premier réceptacle des idées et des modes occidentales. L'auteur accompagne fidèlement Sanshirô dans son apprentissage de la vie et n'hésite pas à intervenir à tout moment par ses observations spirituelles et perspicaces, ses touches d'humour, ses traits satiriques, qui sont comme une bouffée d'air frais. Il se révèle un psychologue délicat, un peintre doué d'un sens aigu de l'observation - un maître dans l'art de l'esquisse sur le vif - en même temps qu'un poète.

  • Bien sûr, les haïkus célèbres sont intéressants, mais les haïkus dits « pas tout à fait géniaux » créés par des génies, ceux-là justement m'amusent. Il est évident que je ne suis pas un homme aux goûts très raffinés, et que j'aime plutôt les joyeux propos. Ce qui ne veut pas dire cependant que je n'aime que cela !...

  • Ces textes au plus près de l'intime nous font partager, avec cette élégance amusée et mélancolique qui est la sienne, quelques instants de la vie de l'auteur de Je suis un chat :
    La découverte inattendue d'un billet doux dans une auberge, un nuit transie à rêver dans un temple au milieu des bois, la compagnie d'un moineau de Chine qui se refuse à chanter, le cri aigu des insectes sur les graminées d'argent annonçant l'automne...

  • Rafales d'automne occupe une place à part dans l'oeuvre de Sôseki, par la portée subversive de son propos, l'audace de son jugement moral sur son époque, qui est aussi un jugement politique. Deux jeunes gens, amis très proches, font leurs premiers pas dans le monde. L'un est un esthète à la vie brillante. L'autre est un aspirant romancier à la santé fragile.
    Leurs chemins vont croiser celui d'un professeur rebelle et excentrique, chassé pour insoumission à l'autorité de tous ses postes en province et décidé à faire entendre sa voix à Tôkyô. Et le vent qui se lève, ces rafales coupantes de l'équinoxe d'automne, sera celui de la révolte du savant face à la nouvelle société soumise aux puissances de l'argent qui s'installe en ce début de vingtième siècle au Japon.

  • Ainsi commence chacune de ces nouvelles rédigées par Sôseki et publiées dans le journal Asahi en 1908.
    Dix récits de frissons et de peur, de cauchemars et d'inventivité dans lesquels le bizarre le dispute au fantastique dans l'esprit de Lafcadio Hearn. Ellipses subtilement angoissantes et parfois comiques.
    Les dessins surgissent des noirs profonds comme depuis les ténèbres.
    Mots clés : manga, littérature, japon, classique, adaptation, fantastique, cauchemar, poésie, peur, épouvante, soseki

  • La porte

    Soseki/

    On croit d'abord plonger avec délices dans l'intimité d'un couple sans histoires, assez bien résigné à sa paisible médiocrité et peu à peu, dans le cours de ces vies ordinaires, avec leurs méprises quotidiennes, leurs mouvements secrets et leurs élans de faible amplitude, sôseki dessine un admirable portrait de couple.

    Mais les personnages de sôseki ne passent guère les portes auxquelles ils peuvent timidement heurter : ils rêvent d'affirmer un individualisme qu'ils n'ont pas la force d'assumer et, pétris de remords, incapables de parler à ceux qu'ils aiment, ils s'abandonnent à une triste résignation que l'auteur sait mieux que quiconque dépeindre avec une profondeur et une sincérité magistrales.

  • Choses dont je me souviens

    Soseki/

    • Picquier
    • 26 Octobre 2000

    Certains livres, parfois, semblent portés sur l'aile frémissante d'un oiseau.
    En voici un, né de la joie intense d'avoir échappé à la mort. En 1910, hospitalisé pour unegrave maladie qui met ses jours en danger, Sôseki note au quotidien l'évolution de son état et ses réflexions. Choses dont je me souviens. Ce qu'il tente de retenir avec tant de hâte, malgré son extrême faiblesse, c'est bien sûr le miracle de la vie rendue, mais surtout la paix du coeur, la clarté pleine de grâce qu'a atteinte sa conscience libérée de la pression de la vie réelle par cette expérience si particulière de la maladie.
    " Si je fais le compte des occasions où j'ai pu me dire au cours de ma vie qu'une chose m'avait rendu réellement heureux, réellement reconnaissant, réellement humble, je m'aperçois qu'elles sont infiniment rares. Mon souhait le plus cher est de conserver intacts dans le fond de mon coeur, le plus longtemps possible, ces sentiments privilégiés qui m'habitaient alors... " Si ce texte, prose entremêlée de poèmes, a une tonalité unique dans l'oeuvre de Sôseki, c'est que l'écrivain en a fait la mémoire du bonheur.

  • Première réédition de Natsume Soseki, considéré comme l'un des écrivains les plus importants de la littérature japonaise contemporaine, aux éditions Cambourakis. Dans ce roman d'initiation contemporain des écrits de Kafka et saisissant de modernité, un étrange jeune homme dépourvu d'identité, tiraillé entre la culture traditionnelle et une soif de modernité, décide de fuir Tokyo. Interpellé en chemin, il se retrouve enrôlé pour travailler dans une mine. Une activité épuisante qui va déclencher une série de réflexions introspectives et fondatrices pour lui, reflétant les interrogations philosophiques et littéraires du début du XXe siècle avec alacrité et humour.

  • échos illusoires du luth Nouv.

    Après la réédition du «Mineur», nouvelle réédition du grand Natsume Sôseki. Dans ce recueil de deux nouvelles, on retrouve la fascination de l'auteur pour le présent, relayée par des réflexions percutantes, désabusées et souvent mordantes, ainsi que par son aisance à rendre compte de l'ambigu?ité de la psyché humaine. Ces deux textes saisissants de modernité se font le miroir des interrogations politiques et littéraires du Japon du début du XXe siècle, un pays en transition.

  • Haïkus

    Soseki Natsume

    Si Sôseki le romancier est de longue date traduit et commenté chez nous, une part plus secrète et à la fois plus familière de son oeuvre nous est encore inconnue, Sôseki a écrit plus de 2500 haikus, de sa jeunesse aux dernières années de sa vie : moments de grâce, libérés de l'étouffante pression de la vie réelle, où l'esprit fait halte au seuil d'un poème, dans une intense plénitude.

    « Affranchis de la question de leur qualité littéraire, ils ont à mes yeux une valeur inestimable, puisqu'ils sont pour moi le souvenir de la paix dans coeur... Simplement, je serais heureux si les sentiments qui m'habitaient alors et me faisaient vivre résonnaient, avec le moins de décalage possible, dans le coeur du lecteur. » Ce livre propose un choix de 135 haïkus, illustrés de peintures et calligraphies de l'auteur, précédés d'une préface par l'éditeur de ses OEuvres complètes au Japon.

  • Un peintre tokyoïte décide de s'isoler dans une station thermale désertée en quête de tranquillité. Contraint par la pluie de trouver refuge dans une maison de thé, il fait la connaissance de la propriétaire des lieux. Cette femme d'un certain âge aime parler. C'est ainsi que le peintre découvre l'histoire de Nami, qui vit dans la pension où il compte séjourner. Mariée de force, elle a fini par quitter son époux pour retourner auprès de son père, dans la petite auberge familiale. La légende raconte qu'elle a perdu la tête. C'est le début d'une quête sans fin pour le peintre. Lorsqu'il rencontre enfin Nami, il n'a plus qu'une seule idée : rendre hommage à sa beauté à travers son art.
    /> La délicate musique de Sôseki sonde les mystères de l'âme humaine dans ce texte plein de grâce.

  • Vingt ans après le pauvre coeur des hommes, l'un des derniers romans de natsume sôseki, paraît enfin, dans une excellente version due au japonologue jean cholley, l'ouvrage qui d'emblée lui valut la célébrité : je suis un chat.
    Mort en 1916 à quarante-neuf ans, il vécut aux confins de la psychose la déchirure dont pâtirent tous les intellectuels nés avec la révolution industrielle, politique et culturelle du meiji.
    Formé aux lettres classiques chinoises, au haïku, mais envoyé en angleterre de 1900 à 1903 pour pouvoir enseigner ensuite la littérature anglaise, il s'imprégna si profondément du ton de swift, de sterne et de de foe que, sans nuire à tout ce qu'il y a de japonais dans je suis un chat, cette influence nous impose de penser au voyage de gulliver chez les houyhnhnms ; sans doute aussi d'évoquer le chat murr d'hoffmann.
    C'est pourquoi le traducteur peut conclure sa préface en affirmant que je suis un chat " suffit amplement à démentir l'opinion si répandue selon laquelle les japonais manquent d'humour ". ni hegel, ni marx, ni darwin, qu'il a lus, ne lui ont fait avaler son parapluie.
    La gouaille, voire la désinvolture apparente, n'empêchent pas les chapitres de s'organiser, cependant que tous les styles (jargon des savants ou du zen, ou argot d'edo, ancien nom de tokyo) se mêlent pour présenter la satire désopilante d'une société en transition, et même en danger de perdition.
    Kushami-sôseki se demande parfois s'il n'est pas fou, mais c'est la société d'alors qui devient folle, elle qui déjà enferme en asile ceux qui la jugent. le chat ne s'y trompe jamais, lui : aucun ridicule n'échappe à ce nyctalope. alors que peut-être on en devrait pleurer, on rit follement. si vous voulez comprendre le japon, identifiez-vous au chat de soseki. sur un autre registre, vous retrouverez le meiji de la sumida, le chef-d'oeuvre de nagaï kafû.

  • Un grand roman d'une légende de la littérature, un classique du catalogue de Rivages. Jirô, jeune employé sans histoire, doit rejoindre à Osaka un de ses amis pour une promenade dans la campagne japonaise. Il en profite pour rendre visite à un parent de sa mère et se voit contraint de s'intéresser à des problèmes familiaux dont il espérait se détacher. Son ami n'est pas au rendez-vous : hospitalisé d'urgence, il doit annuler ses vacances. Ce contretemps révèle alors à Jirô les multiples drames qui sont habituellement cachés par la réalité quotidienne et les conventions. Avec une finesse psychologique hors du commun, Soseki sonde l'âme humaine et ses errances.

    Traduit du japonais par René de Ceccatty et Ryôji Nakamura.
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  • Sôseki écrivit pour un journal le feuilleton de ses petits contes de printemps en 1909.
    Au mois de mai de la même année paraissait sanshirô. sôseki est alors âgé de quarante-trois ans. le titre même qu'il donne à ces très courts textes, fragments de journal intime entre un 1er janvier et un 12 mars, donne au lecteur une idée de l'ensemble du recueil même si la tonalité de chacun est différente, tantôt intime et familière, tantôt d'une drôlerie délicate, étrange, ou encore empreinte de nostalgie : jour de l'an, le brasero, l'odeur du passé, la tombe du chat, brouillard...
    Il donne à voir le temps qui passe, la douceur d'un soir de neige ou la beauté des flammes. une façon de lire l'impermanence des choses. sôseki mettait en garde son lecteur dans un livre plus tardif, à travers la vitre : " je vais aborder des sujets si ténus que je dois bien être le seul à m'y intéresser. "

  • Quelle vie plus calme en apparence, plus unie, plus heureuse que celle de natsume sôseki ? il naît en 1867 à edo, l'ancienne tokyo, étudie l'anglais, enseigne dans les écoles secondaires de 1893 à 1900 et passe en angleterre trois années à l'issue desquelles on le nomme chargé de cours à l'université impériale de tokyo.
    Son premier roman, je suis un chat, d'emblée le rend célèbre et lui permet d'entrer au grand quotidien japonais asahi. après une existence discrète et retirée, il meurt en 1916.
    De tous les écrivains qu'a produits l'ère du meiji, nul n'exerça une influence aussi prestigieuse. c'est que cet ami de l'occident ne s'était pas coupé de sa propre culture : il s'était nourri des lettres chinoises et formé à la méditation qu'enseigne le bouddhisme zen.
    Sa vie tout unie cachait une âme douloureuse : obsédé par l'inéluctable " péché qui est sur l'homme ", ce solitaire analyse et absout le coeur humain, mais non sans avoir pris sur soi, comme pour l'expier, ce qu'il tient pour l'irrémédiable misère de la condition humaine.
    Kokoro ou le pauvre coeur des hommes est le plus représentatif sans doute des romans du meiji. du moins fut-il désigné comme tel par le pen club japonais.
    Horiguchi daigaku et georges bonneau l'ont traduit en français. horiguchi daigaku, l'un des maîtres du lyrisme japonais, est le traducteur en sa langue d'une centaine d'oeuvres françaises ; georges bonneau est l'un de nos plus savants japonisants, celui qui, dans la collection yoshino, nous révéla tant de poètes japonais.

  • Clair-obscur

    Soseki Natsume

    • Rivages
    • 25 Mars 2015

    Tsuda doit subir une opération bénigne, ce qui l'oblige à être éloigné quelques jours de sa femme, Nobuko. De cet événement anodin découle un véritable drame. Mais comme toujours chez Sôseki, la tragédie commence dans le silence : un geste ou un regard, le froissement d'une étoffe. Puis l'orage gronde, transformant les cieux qu'on croyait cléments. L'amour n'est plus alors, entre Tsuda et Nobuko, qu'un souvenir douloureux. Chronique d'un naufrage conjugal, Clair-obscur est le dernier roman de Sôseki.

  • La porte

    Soseki Natsume

    Sôsuke sait que la vie ne lui accordera guère plus que ce qu elle lui a déjà accordé. Il sait que rien ne viendra rompre la monotonie de son existence, soulager son ennui ou apaiser ses remords. Mais comme la plupart des hommes il ressent parfois qu un destin ne peut se résumer à cela. N y a-t-il pas un moyen, ne serait-ce qu un seul, de s élever au-dessus des problèmes sans solutions dans lesquels la vie nous tient enfermés ? Est-il concevable qu à notre prison il n y ait pas de porte ?

  • Poèmes

    Soseki Natsume

    Connu surtout comme prosateur pour ses romans et ses textes divers, Natsume Sôseki a excellé toute sa vie dans le genre du « poème en chinois classique », kanshi, qui est généralement un quatrain ou un huitain, formé le plus souvent de vers penta- ou heptasyllabiques rimés, dont l'enchaînement obéit à une certaine logique, possédant un charme que renforcent les qualités musicales, mais aussi les procédés d'ellipse et de juxtaposition. Aussi sincères soient-ils, les romans et essais de Sôseki n'atteignent pas à la profondeur que recèle le recueil de ses poèmes en chinois resté jusqu'à ce jour inédit en français. À la différence du romancier et de l'essayiste, le poète Sôseki n'écrit que pour lui-même. Il n'a personne à flatter, même dans les quelques poèmes de circonstance adressés à des amis ou connaissances, et n'hésite pas, surtout dans le dernier tiers du recueil, à traiter abruptement, par à-coups, de sujets ardus, relatifs à une quête « philosophique » où il avance en sachant qu'il n'atteindra rien, celle que propose la pensée extrême-orientale, fondée sur le taoïsme de Laozi et sur le bouddhisme chan (zen en japonais) qui en est imprégné.

    Les 207 poèmes du recueil sont présentés, comme dans les éditions japonaises, selon le classement chronologique : à mesure que nous avançons dans la lecture, Sôseki avance en âge et nous émeut progressivement par la patiente description de ce que son esprit perçoit soudain ou peu à peu, tantôt inquiet, aux prises avec la méditation et la maladie, tantôt rasséréné par le vert des bambous ou le jaune du colza, par la contemplation des paysages ou des « blancs nuages ».

    Comme l'écrit son traducteur, Alain-Louis Colas, auquel on doit entre autres la traduction de La Rosée du lotus de Ryokan et Teishin, dans la collection « Connaissance de l'Orient » chez Gallimard : « En ces temps où règnent les excès et les abus de toutes sortes, à base de frelatage et d'outrecuidance, on appréciera notamment ce qui constitue la maxime sous-jacente à tous ces poèmes, à savoir Sokuten-kyoshi : «Suivre la Nature et quitter le moi». »

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