Malwida von meysenbug

  • Rien ne destinait Malwida von Meysenbug (1806-1903) à une existence autre que celle, toute désignée, d'une jeune aristocrate élevée dans les préjugés d'une petite cour allemande de province.
    Séduite par le mouvement libéral de 1848, elle vécut pour la cause des révolutions européennes, ouvrant très tôt sa réflexion à la question de l'émancipation des femmes. Ses Mémoires reviennent sur ses années de jeunesse et l'exil londonien où elle évolua dans l'étroite intimité de différents cercles de proscrits, fréquentant quelques-unes des grandes personnalités de son époque : Alexandre Herzen, Giuseppe Mazzini, Louis Blanc, Lajos Kossuth, Stanislaw Worcell, Richard Wagner...
    Témoignage hors du commun sur la structuration d'une conscience politique et féministe, ils apportent leur contribution à la connaissance des luttes démocratiques et républicaines de l'Europe du XIXe siècle.

  • On croit généralement que la seule amitié féminine de Nietzsche fut celle qui le lia à Lou Andreas-Salomé. La publication de cette correspondance inédite en français, qui comprend plus d'une centaine de lettres, révèle qu'il faut y ajouter le nom de Malwida von Meysenbug (1812-1903). C'est en 1872 à Bayreuth que Nietzsche fit connaissance avec cette femme de lettres amie de Wagner, auteur des Mémoires d'une idéaliste. Ses idées libérales courageuses pour l'époque, son aversion pour l'étroit patriotisme allemand la rapprochèrent du philosophe. Leur relation durera jusqu'à l'effondrement final de Nietzsche en
    1889 et résistera à la brouille avec Wagner aussi bien qu'aux divergences de vue qui séparent les deux épistoliers. L'intérêt de cette correspondance est double. D'abord, elle nous montre un Nietzsche inattendu, qui se dévoile dans toute son intimité à celle qui joue pour lui un rôle de figure maternelle. Ensuite, en raison même de l'opposition de leurs philosophies, Nietzsche s'attache à exposer à sa correspondante, de la façon la plus argumentée et convaincante possible, ses propres théories. L'ouvrage, muni d'un appareil de notes, d'une chronologie et d'extraits des Mémoires de Malwida, apporte à la connaissance de la vie et l'oeuvre de Nietzsche un matériau d'une grande importance, inconnu jusqu'ici en français.

  • Écrivain, musicologue, biographe, essayiste, romancier et dramaturge, Roman Rolland (1866-1944) est l'auteur d'une oeuvre considérable. Si de nombreux textes inédits - notamment son Journal - éclairent le parcours de cet homme, sa véritable personnalité demeure méconnue.
    Victime de partis pris et de préjugés, Romain Rolland vécut une Histoire qui a bouleversé l'Europe, avec deux guerres mondiales et l'avènement des totalitarismes. Il fut aussi un Européen convaincu qui a lutté contre le fascisme et le nazisme, un internationaliste qui a jeté une arche entre l'Occident et l'Orient.

  • Etonnant destin que celui de Malwida von Meysenbug (1816-1903), mêlée aux grands débats de son siècle et liée à des personnalités exceptionnelles tout au long de sa vie.
    Cette biographie est l'occasion de découvrir cette traversée du XIXe siècle hors du commun, au carrefour de plusieurs univers. De nombreuses rencontres ponctuent cette existence, où apparaissent révolutionnaires, féministes, artistes, écrivains et philosophes, parmi lesquels Nietzsche à qui elle présentera Lou von Salomé, Wagner, Romain Rolland, mais aussi Mazzini, Louis Blanc, Alexandre Herzen, qui lui confiera l'éducation de ses filles Nathalie et Olga (la future Olga Monod) et finira par la considérer comme leur mère adoptive.
    Malwida von Meysenbug est l'auteur d'une des plus belles auto-biographies du XIXe siècle (Mémoires d'une idéaliste et Le Soir de ma vie) et son oeuvre de romancière et d'essayiste mérite d'être revisitée.
    Elle est entrée dans l'histoire comme une pionnière du féminisme, une authentique Européenne et une intellectuelle engagée. D'abord en 1848, à Francfort, puis à la fin de sa vie dans le camp dreyfusard.
    Nourrie de culture allemande, établie à Londres pendant une décennie dans le milieu cosmopolite des exilés politiques, puis installée à Florence et à Rome durant ses trente dernières années, passant plusieurs mois par an à Paris et à Versailles, chez les Monod, Malwida von Meysenbug fut l'incarnation d'une identité culturelle véritablement supranationale en un temps déchiré par les nationalismes.
    Jacques Le Rider nous invite à suivre cet extraordinaire parcours, encore trop mal connu.

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