Histoire de l'Asie

  • Politiquement affaibli après l'échec du Grand bond en avant et la grande famine qui l'a suivi (1958-1962), Mao Zedong lance en 1966 la « Grande Révolution culturelle prolétarienne ». Pendant qu'il élimine un à un tous ses compagnons d'armes et successeurs potentiels, il pousse la jeunesse à l'assaut de la bureaucratie civile et militaire : les « gardes rouges », appelés à « renverser ciel et terre », sèment le chaos dans le pays de 1966 à 1968. Mais les choses échappent à son contrôle et, pour garder l'Armée de son côté, il doit bientôt lâcher les jeunes rebelles. Du sommet de l'État aux couches populaires, le pays est alors au bord de la guerre civile. La Révolution culturelle ne prendra fin qu'avec le décès de Mao Zedong, en 1976, après avoir fait des millions de victimes. Nombre de dirigeants actuels ont été marqués, souvent durement, par cette tragédie.

    C'est aussi le cas de Yang Jisheng, étudiant à Pékin de 1966 jusqu'à la fin 1967, qui a participé aux débuts de cette période sanglante. Son livre est à la fois une narration inédite, minutieuse et précise des événements - y compris ceux que le récit officiel occulte - et une analyse menée avec une perception intime, une connaissance historique et une distance assez exceptionnelles. Il resitue ces événements dans leur contexte jusqu'à la victoire finale des réalistes sur les idéologues, sans laquelle ni l'ouverture de la Chine à partir de 1978, ni son décollage économique spectaculaire, n'auraient pu avoir lieu.

    Ce livre, publié à Hong Kong en 2016, reste interdit en Chine.

  • Aux yeux de l'Occident, le Japon a toujours été un mystère, nourri de clichés et de fantasmes : Cipango aux murs couverts d'or rêvée par Christophe Colomb, la terre de mission de François Xavier, l'empire soudain clos sur lui-même, l'adversaire acharné de la guerre d'Asie- Pacifique, la victime des premières bombes atomiques, l'inventeur du zen et de l'ikebana, le colossal concurrent technologique et commercial...
    L'histoire du Japon est d'abord celle d'un peuple épris de nouveauté, d'origine hétérogène, qui a su évoluer au contact d'autres mondes et se muer en État-nation impérial, puis industriel : la Chine lui apporte code, croyance, écriture, de quoi tisser une culture de son cru ; l'Occident échoue à le convertir au christianisme au XVIe siècle, mais, dans la deuxième moitié du XIXe siècle, l'oblige à suivre son modèle technique sous peine de colonisation brutale.
    Le Japon, pourtant la référence économique suprême dans les années 1980, subit une récession sensible depuis le début des années 1990 et se retrouve aujourd'hui pris en tenaille entre la Chine et les États- Unis. Il n'en reste pas moins encore la troisième puissance économique mondiale, affiche sa présence sur tous les foyers de la mondialisation, diffuse tous azimuts les produits de son soft power et ne cesse d'innover et souvent de surprendre.
    À l'aube de l'ère Reiwa, Gérard Siary retrace le mouvement d'ouverture et de fermeture à l'ailleurs et à l'étranger, qui a toujours rythmé l'évolution de l'archipel et modelé son identité culturelle. Il aborde des thèmes souvent peu évoqués : image du Japon en France et à l'étranger, mythes et mythologie, racisme et minorités, diaspora, etc. C'est cette histoire renouvelée d'un peuple à nul autre pareil, qui a dû et su faire son miel de la prétendue « modernité », sans y perdre son âme ou son identité, qu'il nous raconte avec passion.

  • Depuis sa création en 1841 par les Britanniques, le « port parfumé » est devenu un mythe, symbole fascinant de la rencontre entre l'Orient et l'Occident. Cette terre fut aussi un lieu perpétuel de confrontations et de résistances pour les rebelles de tout bord. Alors qu'un vent de révolte souffle et que l'étau chinois se resserre, François Bougon nous éclaire sur Hong Kong, dont la liberté est plus que jamais mise à l'épreuve.
    Des pirates aux guerres de l'opium, en passant par les mouvements des dockers, le renversement des Qing par Sun Yat-sen, la prise de guerre japonaise, les réfugiés politiques chinois fuyant le communisme, l'ex-colonie britannique - terre de sept millions d'habitants et troisième place financière mondiale - a toujours eu une vie mouvementée aux marches de l'empire. Aujourd'hui, elle tente de se dresser contre l'emprise de la Chine de Xi Jinping.
    Le territoire aurait pourtant dû bénéficier jusqu'en 2047 d'un haut degré d'autonomie. Mais la loi sécuritaire votée par le régime en juin 2020 sonne le glas du principe « un pays, deux systèmes » imaginé par Deng Xiaoping et Margaret Thatcher. Elle menace l'identité de sa jeunesse, ses libertés et ses aspirations démocratiques. Le monde a désormais les yeux rivés sur le sort de Hong Kong, enjeu d'une nouvelle guerre froide entre Pékin et Washington. Il était temps de raconter l'histoire de cette belle insoumise.

  • À l'automne 1600, Tokugawa Ieyasu, l'un des plus fascinants personnages de l'histoire du Japon, sort vainqueur de la plus grande bataille de samouraïs jamais livrée. L'enjeu est de taille puisqu'il ne s'agit rien moins que de l'empire tout entier, enfin pacifié. Le suzerain de la maison Tokugawa sera le troisième des Unificateurs du pays. Avant de parvenir à engranger les dividendes de la paix, il aura pourtant fallu tout risquer une ultime fois sur le tapis vert des rizières de Sekigahara, mince vallée sise en plein coeur de l'archipel. La suprême querelle se vide au matin du 21 octobre 1600, mettant aux prises les meilleurs capitaines et les plus vaillants champions de leur temps. Épreuve du gigantisme, près de 170 000 combattants s'y sont taillés en pièces, laissant 30 000 d'entre eux sur le carreau. Il faudra attendre l'épopée napoléonienne, deux siècles plus tard, pour voir se lever des effectifs similaires sous nos latitudes. À la charnière de deux siècles que tout oppose, Sekigahara bruit également du chant du cygne qu'entonnent malgré eux les guerriers de jadis. A l'issu de la bataille, le temps des seigneurs de guerre, des samouraïs et des citadelles est révolu.

  • Rouage essentiel du nouvel ordre mondial, la Chine ne peut se comprendre sans son histoire sociale, intellectuelle et politique. oeuvre d'une vie, résultat de cinquante années de recherches et référence indépassable, le livre de John Fairbank déploie le long récit de « l'empire du milieu » des cultures paléolithiques à nos jours.

    Scrutant les origines d'une civilisation vieille de 4 000 ans, l'auteur donne les clés de lecture d'une culture toujours fantasmée, pour le meilleur et pour le pire, par les Occidentaux. Il fallait la hauteur de vue et tout le talent de conteur de John Fairbank pour éclairer les tendances à long terme et les réalités contemporaines qui façonneront le futur de la Chine et celui du reste de la planète.

  • Tout nous indique que le XXIe siècle sera dominé par l'Asie. Une bonne façon de se préparer à ce futur est d'en chercher les racines dans le passé.
    Des origines des civilisations chinoise, japonaise ou indienne au XXe siècle, de Confucius et Bouddha à Gandhi, Mao ou Hirohito, ce livre nous raconte la fascinante histoire de l'Asie.
    La plupart des textes de cet ouvrage sont issus de La Grande Histoire du monde, le best-seller de François Reynaert.

  • Classée au Patrimoine mondial de l'Unesco en 1980, Palmyre est en péril depuis qu'elle a subi les destructions que Daech lui a infligées en 2015. Elle eut pourtant un destin hors norme. Habitée dès la préhistoire, cette palmeraie au milieu de la steppe a été fondée, selon la légende, par Salomon. Sa situation en a fait longtemps un relais entre la Méditerranée et le golfe arabo-persique. Mais au-delà de l'image d'Epinal d'une ville se rebellant, sous la conduite de la reine Zénobie, contre la domination romaine, que savons-nous réellement de son histoire ? L'archéologue Patrick Maxime Michel revient sur un passé plurimillénaire et pluriculturel, où s'entremêlent influences juives, romaines, chrétiennes et musulmanes, dont le temple de Bêl porte les traces, qui de temple est devenu une église puis une mosquée.
    Palmyre ? Un lieu à la croisée des chemins, où de sublimes ruines invitent à la rêverie.

  • Histoire de l'Inde

    Michel Boivin

    En ce début de troisième millénaire, l'Inde, l'une des plus anciennes civilisations du monde, a largement passé le milliard d'habitants. Elle est également le seul pays du Tiers Monde régi, sans interruption depuis son indépendance en 1947, par une démocratie laïque. Quel avenir peut-on espérer pour ce sous-continent, aussi puissant qu'il paraît parfois fragile ?
    Michel Boivin en retrace l'histoire, depuis ses origines préhistoriques jusqu'à la formation d'une république indépendante, exemple unique au monde de la construction progressive d'une identité politique distincte du modèle de l'État-nation.

  • La communauté arménienne en France est forte de plus de 600 000 Français répartis dans les grandes métropoles comme Nice, Marseille, Valence, Romans, Villeurbanne, Lyon, Alfortville, Issy-les-Moulineaux, Clamart, Paris... Une diaspora active, omniprésente dans les milieux économiques, culturels, politiques et artistiques. C'est l'histoire de cette communauté, que ce soit en France ou à l'étranger, sa culture, son patrimoine, son rôle et son empreinte à travers les siècles, que les auteurs nous font découvrir au fil des pages. Leur histoire familiale marquée par l'exode ayant suivi le génocide de 1915, qui est celle de la majorité des Arméniens, ressemble à une fresque, rythmée d'images, de couleurs, d'événements et de péripéties, transmise par leurs parents et grands-parents. Un parcours d'intégration exemplaire qu'ils ont choisi ici de raconter sous la forme d'un dictionnaire personnel de 100 entrées de A à Z illustré de 250 images. Textes et documents se conjuguent pour faire connaître et aimer l'histoire des Arméniens, une diaspora riche d'une double culture, à la fois refuge et force.

  • Au fil des années, le Livre du thé, publié en anglais en 1906 par l'érudit japonais Okakura Kakuzo¯ (1862-1913), est devenu l'un des emblèmes les plus reconnus de la rencontre entre l'Orient et l'Occident. Traduit et commenté à plusieurs reprises, on le retrouve jusque dans la publicité de marques de thé.

    En dépit de son titre, le Livre ne doit pas être considéré comme un manuel consacré au thé. Il s'agit plutôt d'un essai ou, mieux encore, d'un hymne à la culture, à l'esthétique, à l'esprit du thé en tant que symbole, image paradigmatique de l'âme asiatique. Son auteur, chercheur passionné, a voué son existence au renouvellement et à la diffusion des caractères idéaux de l'Orient, dans un temps où le Japon semblait vouloir les renier au profit des valeurs occidentales.

    Cette nouvelle édition contient un riche appareil de notes destiné à éclaircir les contenus non explicités par l'auteur et que les différentes éditions internationales n'ont que partiellement affrontés, ainsi qu'une notice retraçant la vie d'Okakura parallèlement à sa mission interculturelle, sous le signe du développement de la spiritualité universelle au travers de l'esthétique et de la pratique du thé comme mode de vie.
    Okakura vit une époque de grands idéaux et de transformations individuelles et sociales radicales, où l'hébétement devant la puissance de l'Occident coexiste avec le désir d'imitation. Sa propre vie est un chef-d'oeuvre de dévouement aux valeurs de la tradition asiatique et japonaise, et d'habilité à les répandre au sein de la civilisation qui les menace en premier lieu.
    Avec le recul, la formation d'Okakura apparaît comme un parcours conçu pas à pas dans un but précis, qui sera celui de toute sa vie. Ainsi le Livre du thé tient lieu de fil rouge reliant une existence exemplaire à son destin intérieur, et constitue pour chacun d'entre nous un exemple archétypique actuel et pérenne.

  • Le Tibet est probablement l'une des régions du monde ayant su le mieux protéger ses secrets. Jusqu'au début du XIXe siècle, l'Occident ne connaît encore que peu de choses sur cette contrée auréolée de mystère. Seuls quelques voyageurs intrépides ont franchi les cols himalayens et mis les pieds au pays des neiges.
    Parmi eux, des jésuites et des missionnaires venus en reconnaissance, des cohortes d'espions, le plus souvent déguisés, chargés de cartographier ces hauts plateaux encore méconnus, mais aussi de grandes expéditions scientifiques, des voyageurs passionnés ou encore des écrivains orientalistes.
    Nombre d'entre eux ont risqué leur vie pour atteindre la cité sainte de Lhassa. Il leur fallait traverser des zones inhospitalières, affronter de terribles tempêtes et résister aux attaques-surprises de brigands farouches.
    Entre exploration et conquête, ces audacieux personnages, chacun à leur manière, ont laissé derrière eux des témoignages qui ont permis d'accéder à un univers longtemps resté inaccessible.

  • Il n'y a guère d'anthologies du voyage en Inde. Le champ d'étude est si grand, le corpus si vaste, qu'aucun auteur francophone n'a encore relevé le défi de présenter, en abordant toutes les périodes, une sélection de récits de découverte sur ce pays fascinant qui questionna autant les civilisations voisines depuis l'époque d'Alexandre Le Grand. Aussi Tanneguy Gaullier a-t-il volontairement restreint sa recherche à l'exploration religieuse du sous-continent. De la vision fantasmée des Grecs au récit critique de François Bernier, en passant par l'approche érudite d'Al-Biruni ou celle truculente du Livre des merveilles de Marco Polo, se découvre un panorama des pratiques religieuses à mesure que s'affine le regard extérieur sur l'Inde.

  • L'Occident s'étonne aujourd'hui de voir le sous-continent indien faire son entrée sur la scène internationale. Mais en réalité, l'Inde « éternelle » et isolée du monde n'a jamais existé, elle fut une invention de l'Europe, confortée parfois par certains discours religieux des Indiens eux-mêmes. Un cinquième de l'humanité est l'héritier d'une histoire complexe, riche en ruptures et en épopées, qui couvre plus de 4 000 ans, des premières cités de l'Indus à l'empire d'Ashoka, à celui des Grands Moghols, au Raj britannique, à l'Indépendance et à la Partition. Éric Meyer dresse ici une fresque vivante de ce monde en mouvement. On y voit naître le bouddhisme, se transformer l'hindouisme, s'implanter l'islam, arriver d'Occident les marchands et les missionnaires. On y constate que la naissance de la nation indienne est une donnée majeure du monde contemporain.
    Surtout, au-delà des indispensables repères chronologiques, c'est à une réflexion plus thématique, centrée sur les liens entre économie, politique et religion que nous convie l'auteur. En montrant les enjeux considérables mobilisés par les différentes interprétations de cette histoire, il nous aide à comprendre l'un des acteurs majeurs de la mondialisation.

    1 autre édition :

  • Avec une décennie d'avance, l'Inde a fait une entrée remarquée dans le xxie siècle. Elle a amorcé de grandes réformes structurelles (politiques, économiques et sociales). Dans les années 1990-2000, le renforcement du fédéralisme, le rapprochement avec les États- Unis, la libéralisation économique et la politique de discrimination positive en faveur des basses castes ont changé le visage du pays. À ces phénomènes s'en ajoutent d'autres, à la temporalité plus lente mais dont l'impact est majeur : transition démographique, urbanisation rapide et effort de défense nationale.
    L'Inde est aujourd'hui confrontée à la montée en puissance des nationalistes hindous, au pouvoir depuis 2014, à une marginalisation de ses minorités religieuses et à une concentration du pouvoir liée à la centralisation administrative. À plus long terme, la crise agricole et les risques environnementaux hypothèquent son développement.
    Cet ouvrage est une synthèse indispensable à qui veut comprendre l'histoire contemporaine d'une grande puissance émergente avec laquelle il faut désormais compter.
    Christophe Jaffrelot, grand spécialiste de l'Inde, est directeur de recherche au CERI-Sciences Po/CNRS.

  • Les Japonais vivent au présent. Le drame du tsunami de mars 2011 reste une plaie ouverte, mais le Japon, pugnace, regarde déjà ailleurs. Ce pays est un art de vivre. Un écheveau de règles souvent tacites mais incontournables, qui font du quotidien un rituel bien réglé.

    Qu'est-ce qu'être Japonais aujourd'hui ? Comment évoquer le Japon de ce siècle sans comprendre que son dessein se fracasse aujourd'hui sur la Chine, sur fond de surenchères nationalistes réciproques ?

    Ce petit livre plonge le lecteur au coeur de traditions millénaires, pointe les transformations, souligne les fractures. Pour découvrir un Japon vécu de l'intérieur.

    Récit suivi d'entretiens avec Pierre-François Souyri (Le Japon est devenu un géant économique mais est resté un nain politique), Chikako Mori (La société japonaise s'ouvre lentement à la mondialisation) et Keiichiro Hirano (Au Japon, la préservation de la cohésion sociale prime sur la liberté de penser de l'individu).

  • La période républicaine (1912- 1949) est généralement appréhendée comme un interrègne entre la chute de l'Empire et l'avènement de la République populaire de Chine, avec comme fil rouge l'affrontement entre le Guomindang et le Parti communiste chinois. Cette interprétation est pourtant aujourd'hui largement dépassée. Tout d'abord, le parti communiste fondé en 1921, 11 ans après le début de la période républicaine, doit encore attendre 5 années pour cesser d'être un insignifiant groupuscule d'intellectuels. Le PCC ne devient un acteur de tout premier plan que très tardivement, aux alentours de 1944. Sa victoire en 1949 se place dans un concours de circonstances particulièrement heureux, en particulier durant les opérations de la guerre sino-japonaise de 1937 à 1945 et s'explique avant tout par les erreurs commises par le Guomindang et son leader Jiang Jieshi (Chiang Kaï-shek). Certes, il ne fait aucun doute que le parti communiste a su éviter l'anéantissement à au moins deux reprises (1927 et 1935- 36), s'affirmer, s'organiser, se doter d'une stratégie et d'une doctrine cohérentes sous la tutelle d'un leader à la fois charismatique et redoutablement efficace : Mao Zedong.
    Il n'est cependant plus question de traiter la période républicaine comme l'épopée révolutionnaire du Parti et donc de donner à ce dernier une importance disproportionnée. En lieu et place de cette grille de lecture, tend à s'imposer depuis une vingtaine d'années une interprétation privilégiant le concept de modernisation. Celle-ci s'inscrit dans une chronologie beaucoup plus large que la période républicaine, allant, en Chine, des guerres de l'opium à nos jours.

  • Quand on s'intéresse à l'histoire du Japon, on ne peut éviter de rencontrer de prime abord la conscience historique des Japonais. Cet imaginaire est des plus simples, se bornant à affirmer comme traits spécifiques de ce pays la continuité (un temps linéaire, sans vrai début ni fin), l'homogénéité (une sorte de totalité synchronique), et logeant dans cette association aussi bien l'État, la dynastie impériale, la population, le territoire.
    De fait, l'originalité du Japon tient à ce que les changements s'y inscrivent, comme naturellement, dans un cadre immobile. Quelle est pourtant la dynamique interne de ce pays qui, depuis sa préhistoire et jusqu'à la rénovation de Meiji, a su garder son unité ?

  • La société japonaise est résolument polymorphe. Elle est animée par une tendance qui est celle de la poussée aux extrêmes : le caractère fantastique de sa littérature et de son cinéma qui est d'une rare cruauté, l'extravagance du théâtre kabuki, les déguisements excentriques des cosplays, les comportements d'une violence inouïe de certains adolescents ou encore la « mort par excès de travail ». Mais cet extrémisme-là ne saurait nous en dissimuler bien d'autres : l'extrême de la sobriété, de l'humilité, de la discrétion et du dépouillement.
    Ce livre explore cette tension entre l'expansion et la raréfaction, la dépense et la retenue. Il se demande comment le peu et le moins entrent en résonance mais aussi en conflit avec le plus et le trop.

  • Née en 1912 sur les ruines d'un régime impérial séculaire, la République de Chine sombra dans le chaos dès ses premières années. Anarchie suscitée par les seigneurs de la guerre, émergence du Kuomintang et de ses chefs Sun Yat-Sen puis Tchang Kaï-chek, guerre contre le Japon, guerre civile et victoire du Parti communiste : Le Figaro Histoire revient sur l'histoire mouvementée de la Chine au XXe siècle. Aidé des meilleurs spécialistes, il décrypte les mécanismes par lesquels Mao Zedong hissa au pouvoir le Parti communiste et dresse le bilan du maoïsme et de ses millions de victimes, du Grand Bond en avant à la Révolution culturelle.

    Alors que les relations entre la Grèce et le Turquie ont connu un regain de tension en Méditerranée orientale, Le Figaro Histoire éclaire l'inimitié séculaire entre les deux voisins et l'attitude va-t-en guerre du président Erdogan, qui vient de retransformer Sainte-Sophie en mosquée. Côté reportage, il vous emmène visiter la stupéfiante saline d'Arc-et-Senans, conçue comme une cité utopique par l'architecte Ledoux, et vous explique les raisons du succès phénoménal des youtubeurs d'histoire, dont les chaînes inventives fleurissent sur internet.

  • Le livre de J.J. Norwich retrace l'histoire d'un empire de onze siècles, sans rival en durée ou en influence culturelle. Cette " nouvelle Rome " naît en 330 lorsque l'empereur Constantin choisit d'établir sa capitale dans un port d'Asie mineure appelé Byzance. Elle s'effondre en 1453 sous les coups du sultan Mehmet II. Pendant ce long millénaire s'est développé un empire au corps romain, à l'esprit grec et à l'âme orientale.
    J. J. Norwich le raconte comme une immense fresque où la galerie des quatre-vingt-huit empereurs est brossée avec un luxe de précisions, le souci de choisir le détail piquant de la vie privée, d'isoler la bataille décisive ou l'acte politique majeur. L'histoire de l'empire byzantin devient, à la lecture de ce livre, pittoresque et colorée. l'auteur navigue avec habileté entre mythe et réalité, entre hypothèses et événements documentés.
    Ses points de vue sont pertinents et tranchés. son écriture, fluide et imagée.

  • L'aube se lève sur les collines de Pagan hérissées de temples. Le brouillard du lac Inle se dissipe. À Rangoon, la pagode Schwedagon brille de tous ses feux d'or, tandis que les robes rouges des bonzes ressemblent à des braises prêtes à s'enflammer. La BIRMANIE est un enchantement pour le voyageur. Les effroyables décennies de dictature militaire, et le combat infatigable d'Aung San Suu Kyi, ont forgé dans ces confins d'Asie du Sud-Est une réalité bien éloignée des pays voisins absorbés par la modernité. Ici, les dieux, les minéraux précieux et les frontières s'entremèlent. Mosaïque ethnique, l'Union de Myanmar, puisque tel est son nom officiel, est un canevas tissé au fil des royaumes bouddhistes, de la colonisation britannique et d'un relief sans pareil, entre l'océan Indien et les contreforts de l'Himalaya.
    Ce petit livre n'est pas un guide. C'est un décodeur. Il raconte ce que l'oeil ne voit pas, ce que la langue birmane décrypte, ce que les pagodes abritent, ce que cachent les terres lointaines du Triangle d'Or et leurs populations montagnardes Kachins, Shans ou Wa. Le récit d'une passion, nourri par des années d'itinérance dans ce pays alors fermé aux étrangers, accompagné d'entretiens avec des personnalités proches des gens. Et aptes à nous les faire comprendre.

  • Le 13 novembre 2010, Aung San Suu Kyi, héroïne de l'opposition à la junte, est libérée après des années de lutte et de captivité. Prix Nobel de la paix en 1991 et fi lle du général Aung San, père de l'indépendance, la Dame de Rangoun préside depuis 2016 aux destinées de la Birmanie et tente de rendre à son pays une place digne de son histoire millénaire.
    Au carrefour de l'Asie, abritant une diversité culturelle et linguistique unique, la Birmanie s'ouvre depuis peu au monde. Après des décennies d'isolement et d'ostracisme sous le joug d'une junte militaire brutale, un afflux massif de capitaux étrangers, une croissance économique soutenue et un développement touristique remarquable permettent au pays de s'imposer comme un acteur régional incontournable.
    En dépit de ces progrès, la Birmanie fait face à d'importants déf s. Le processus de démocratisation initié en 2010 après la libération d'Aung San Suu Kyi demeure fragile et subordonné à une armée birmane toujours présente au coeur du pouvoir, tandis que les tensions ethniques et religieuses qui divisent le pays depuis son indépendance perdurent sans grand espoir de résolution prochaine, comme en témoigne le regain de violence visant la minorité musulmane rohingya depuis 2012.
    En retraçant pour la première fois l'histoire de la Birmanie de ses origines aux temps des premiers rois de Pagan jusqu'à nos jours, cet ouvrage nous offre une perspective idéale pour appréhender ce pays en pleine mutation et tenter de mieux le comprendre dans toute sa complexité et sa richesse.

empty