Dispute
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L'extrême droite française dispose aujourd'hui d'un carburant hautement inflammable : un milliardaire acquis à sa cause. En imposant ses vues dans les éditoriaux et émissions de débat, en favorisant sur ses antennes le Rassemblement national, en validant l'expression des idées les plus rances, en quadrillant l'édition dans les diverses maisons du groupe Hachette, Bolloré poursuit son travail de sape de la République. Il lui reste à accomplir son grand dessein : triompher idéologiquement en fusionnant le monde de l'argent et le populisme nationaliste. Dans cet essai, la journaliste Marie Bénilde livre le récit de l'avènement du Bollorisme et étudie toutes ses significations.
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Politiser la haine : La bataille culturelle de l'extrême-droite identitaire
Samuel Bouron
- La Dispute
- 21 Février 2025
- 9782843033445
L'extrême droite mène une bataille culturelle pour rendre ses idées politiques consensuelles. Dans ce combat, la mise en scène des émotions est devenue son arme principale. Elle a appris à saisir les opportunités médiatiques pour politiser les affects, déstabiliser les repères politiques et semer la confusion : les Identitaires passent de bourreaux à victimes, de gardiens de l'ordre établi à «anti-système». Ce livre offre une immersion chez les Identitaires. On comprend comment les militants sont formés à ressentir les émotions et à les propager à différents endroits de l'espace médiatique, des chaînes Youtube masculinistes aux médias grand public en passant par la presse d'extrême droite.
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Multiplication des dissidences dans le refus de soumettre la production à la logique du capital, volonté de protéger la diversité du vivant, expérimentations d'entreprises et d'organisations horizontales, refus d'une agriculture sans paysans, détermination à conquérir l'égalité des territoires, l'égalité contre le patriarcat et la culture coloniale... : tout une effervescence communiste existe, décidée à nous sortir de l'impasse anthropologique et écologique dans laquelle le capitalisme nous enfonce. Pour l'économiste Bernard Friot et le philosophe Bernard Vasseur, conquérir, dans l'action concrète, le communisme est un défi à notre portée. Ils montrent que les forces de l'émancipation devront néanmoins s'arracher aux systèmes d'évidences capitalistes pour parvenir à actualiser et généraliser ces déjà-là communistes.
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Moha, le retour du refoulé : Récits du racisme d'État
Mohamed Bridji, Laurent Bazin
- La Dispute
- 13 Juin 2025
- 9782843033506
Ce livre à deux voix dévoile comment l'État français construit, depuis la colonisation, la figure du délinquant étranger. Moha, Algérien de France, raconte sa vie et détaille les violences et discriminations qu'il a subies, tandis que Laurent, anthropologue, replace ce récit dans l'histoire des politiques publiques, migratoires et sécuritaires. Ensemble, ils dénoncent une mécanique d'exclusion, intensifiée par des lois toujours plus répressives. Témoignage poignant et réflexion politique originale, ce livre montre les rouages d'un système qui façonne l'injustice et s'achève sur l'urgence d'«ouvrir sa gueule, de déballer la merde et de se rebiffer» pour résister aux dérives de nos institutions.
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Que s'est-il passé à Sainte-Soline ? Face aux lacunes du traitement médiatique des manifestations des 25 et 26 mars 2023, Avoir vingt ans à Sainte-Soline propose de restituer, par un jeu d'entretiens croisés avec celles et ceux qui y ont participé, une série de récits de ce week-end de mobilisation. Les histoires des jeunes militant·es sont entrecoupés de textes d'autres activistes, journalistes ou chercheur·ses qui, à l'image d'Andreas Malm, ont participé à l'événement et livrent ici des points de vue variés sur les événements qui s'y sont déroulés.
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En travail : conversations sur le communisme
Bernard Friot, Frédéric Lordon
- La Dispute
- Entretiens
- 15 Octobre 2021
- 9782843033223
Ce livre est l'occasion d'une rencontre que beaucoup attendaient. Bernard Friot est militant du Parti communiste et architecte de la théorie du salaire à vie. Frédéric Lordon construit une philosophie spinoziste des institutions. Ces trajectoires ont a priori peu en commun. L'un et l'autre parviennent pourtant au même constat : le communisme est à l'ordre du jour. Ces entretiens portent sur les figures que pourraient y revêtir le travail, la valeur, le salaire, l'investissement, l'État, la propriété. Mais déplient également accords et désaccord sur ce qu'il faut entendre par un « déjà-là »,sur la nature et l'existence d'une classe révolutionnaire, sur les processus de la transition.
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Le syndicalisme est politique : Questions stratégiques pour une renouveau syndical
Karel Yon
- La Dispute
- 22 Septembre 2023
- 9782843032691
Le syndicalisme est politique : le grand mouvement social pour nos retraites vient d'en faire la démonstration. En remettant sur le devant de la scène les réalités du travail, la grève, la solidarité interprofessionnelle, les syndicats ont enclenché une dynamique de politisation des classes populaires qui dessine une alternative au néolibéralisme et à l'extrême-droite. Mais ils sont en même temps percutés par les bouleversements politiques de la période : transformations du capitalisme et de l'État, nouvelles luttes féministes, écologistes, antiracistes. Le temps est venu de rouvrir le débat stratégique dans le mouvement syndical. Le but de cet ouvrage, écrit par des chercheur.ses et militant.e.s spécialistes du syndicalisme, est d'y contribuer.
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Ecologie, luttes sociales et révolution : Entretiens avec Alexis Cukier et Marina Garrisi
Daniel Tanuro
- La Dispute
- Entretiens
- 22 Mars 2024
- 9782843033339
Les catastrophes environnementales sont là, indubitables : face à elles, quelle écologie construire, quelles alliances mobiliser, quelle politique mettre en oeuvre ? Dans ce livre d'entretiens, Daniel Tanuro, ingénieur agronome et militant écosocialiste, auteur d'ouvrages à succès dans le domaine de l'écologie politique, répond aux questions d'Alexis Cukier et de Marina Garrisi pour développer un diagnostic limpide, des analyses tranchantes et des propositions radicales en vue d'une révolution écologique et sociale. Cette introduction à l'écosocialisme contemporain rend accessible et prolonge les réflexions de l'auteur sur l'impossibilité d'un capitalisme vert et sur la stratégie de l'écosocialisme.
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Où va le bloc bourgeois ? entretiens avec Amélie Jeammet et Marina Simonin
Bruno Amable, Stephano Palombarini
- La Dispute
- Entretiens
- 7 Octobre 2022
- 9782353670901
Dans ce livre d'entretiens, Bruno Amable et Stefano Palombarini, économistes et auteurs de L'Illusion du bloc bourgeois (Raisons d'agir, 2017), reviennent sur les hypothèses qu'ils formulaient sur la configuration sociale et politique singulière qui rendait possible l'élection de Macron en 2017 et les confrontent à la réalité de son quinquennat. À partir des résultats des élections de 2022, ils analysent les contradictions du bloc bourgeois et sa reconfiguration en un « bloc de droite 2.0 », néolibéral et autoritaire, décortiquent les reconfigurations à l'oeuvre à droite et à gauche et s'interrogent sur les conditions d'émergence d'une « gauche de rupture » susceptible d'être majoritaire et de batailler l'hégémonie au projet néolibéral.
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L'oeuvre de Lucien Sève, disparu en mars 2020 à l'âge de 93 ans, est immense et plurielle. Du communisme à la psychologie, de l'éducation à la bioéthique, nombreux sont les domaines dans lesquels ce philosophe, qui s'appuyait de façon vivante et créative sur ce qu'il nommait la « pensée-Marx », a apporté une décisive contribution. Étrangère à toute recherche purement académique, sa réflexion revêtait le caractère d'une intervention dans des luttes ou des débats en cours. Ce choix de textes brefs, articles ou communications publiques, jamais rassemblés jusqu'ici sous forme de livre, vise à faire découvrir à un large public l'ensemble de sa pensée et de son parcours, des années 1950 jusqu'à aujourd'hui.
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L'invasion de l'Ukraine : histoires, conflits et résistances populaires
Karine Clément, Denys Gorbach, Hanna Perekhoda, Catherine Samary, Tony Wood
- La Dispute
- Entretiens
- 21 Octobre 2022
- 9782843033285
L'invasion de l'Ukraine par l'armée russe, sur ordre de Vladimir Poutine en février 2022, constitue un événement politique majeur. Elle pose des questions cruciales concernant la capacité des peuples à s'opposer aux guerres, aux régimes autoritaires et aux impérialismes. Dans ce livre, des chercheur.se.s spécialistes des transformations de l'Ukraine, de la Russie et de l'Europe de l'Est, engagé.e.s dans les combats altermondialistes, expliquent les histoires locales et globales, les nouvelles dynamiques économiques, sociales et géopolitiques, les résistances populaires qui éclairent les débats en cours et explicitent leurs enjeux.
Avec des contributions de Karine Clément, Denys Gorbach, Hanna Perekhoda, Catherine Samary et Tony Wood. -
Capitalexit ou catastrophe ; entretiens
Jean Seve, Lucien Sève
- La Dispute
- 29 Mars 2018
- 9782843032936
Personne ne peut plus méconnaître que notre mode dominant de production détériore de façon catastrophique les équilibres écologiques de la planète, jusqu'à menacer l'avenir de tous les vivants. Mais on mobilise trop peu l'attention publique sur cet autre fait de même gravité : la détérioration générale des valeurs de la vie humaine civilisée, partout piétinées par les diktats de la rentabilité financière. L'humanité existera-t-elle encore au XXII e siècle ?
Parer à cette double catastrophe montante exige de changer bien des choses, mais par- dessus tout d'en finir sans délai avec sa source profonde : un capitalisme entré en folie sénile qui sacrifie avec une brutalité inouïe la nature et les humains aux exigences insatiables des profiteurs privés. Ce système à bout de course nous conduit tous dans le mur. Il est de la dernière urgence de lui enlever le volant, et de prendre une autre voie, celle d'un capitalexit, d'une sortie du capitalisme.
Ce livre d'entretiens, au fil de de sept conversations animées entre fils et père, appelle à retrouver l'audace révolutionnaire - mais de façon tout autre qu'au siècle dernier. Il ne s'agit plus de la révolution d'une classe mais du peuple producteur entier en sa diversité prenant ses affaires en main. Il ne doit plus être question d'insurrection violente mais, moyennant d'intenses luttes d'idées et d'initiatives pratiques, d'une conquête pacifique de l'hégémonie en faveur de réformes révolutionnaires changeant d'emblée la vie du grand nombre. Et le livre appelle non pas à la transformation par en haut sous pilotage autoritaire d'un parti vertical, mais à une appropriation commune, fondée sur l'implication de tous les individus s'autoorganisant horizontalement en inventant les règles d'une société sans classes et hautement développée.
D'une grande actualité politique, ce livre développe de manière vivante cette proposition novatrice, qui porte à rêver tout en appelant à agir sans retard. -
Europe alternatives démocratiques ; analyses et propositions de gauche
Collectif
- La Dispute
- Essais
- 18 Avril 2019
- 9782843032981
Dans un contexte politique marqué notamment par les élections européennes, l'objectif de cet ouvrage est de proposer une analyse rigoureuse des conséquences économiques et politiques de l'Union européenne afin d'en extraire des alternatives politiques de gauche réalistes.
L'Europe est entrée dans une phase critique. Ces trois dernières années, les menaces politiques se sont accumulées pour l'Union européenne ; le Brexit et l'ascension de forces d'extrême-droite dans plusieurs de ses Etats-membres l'attestent. Les grandes entreprises et leurs soutiens politiques se servent de la crise pour intensifier leur offensive contre les conquêtes sociales et démocratiques du XX e siècle. L'austérité, le démantèlement des droits sociaux, les politiques commerciales de libre- échange, joints au mépris des institutions européennes pour les droits fondamentaux et la démocratie ont conduit à une crise de légitimité sans précédent de l'UE.
Corrélativement, l'Union économique et monétaire (UEM) a manifestement et irrévocablement échoué, les économies de la périphérie subissent une crise sévère, et les économies du centre rencontrent des difficultés persistantes. La monnaie unique est devenue un instrument du capitalisme allemand pour instaurer une politique économique mercantiliste au moyen du dumping des salaires, et pour dicter - avec le soutien des autres économies du centre de l'UEM - des « réformes structurelles » qui provoquent la stagnation économique, la pauvreté et le chômage. La capitulation de Syriza en Grèce a montré que l'UEM comme l'Union européenne (UE) constituent des obstacles majeurs à toute tentative de modifier l'agenda néolibéral qui domine en Europe.
Dans ce contexte, que devrait faire la gauche ? C'est à cette question que répondent les contributions de l'ouvrage, qui réunit des chercheurs et militants de divers pays membres de l'Union Européenne.
La première partie questionne la crise de l'Union européenne : quels sont les causes et les enjeux de cette crise multifactorielle, et que pourraient être les scénarios pour le futur de l'Europe ? La deuxième partie traite spécifiquement de l'Union économique et monétaire et montre que l'architecture même de l'UE est facteur de division économique en Europe : comment l'enrichissement de certains États au centre de l'UE résulte-t-il de l'appauvrissement d'autres États-membres, que signifie précisément le « centre » et la « périphérie » de l'Europe et quelles y ont été les conséquences différenciées des politiques néolibérales? Enfin, la troisième partie aborde la question de la dette, de l'euro et de l'emploi, et propose des solutions concrètes en partant de l'exemple de trois pays européens (la France, l'Espagne et la Grèce) : que devrait être le coeur d'une politique économique de gauche et quel type de confrontation avec les institutions européennes sa mise en oeuvre requerrait- elle ?
L'ouvrage s'ouvre par un avant-propos de la co-directrice et des co-directeurs de l'ouvrage, et se conclut par un texte collectif, « Que faire en Europe ? » signé par de nombreux chercheurs, militants et responsables politiques ayant participé activement ces dernières années au débat sur les alternatives de gauche en Europe.
La critique des institutions européennes et la question des alternatives qu'on peut lui opposer e sont devenues un élément central du débat politique à gauche. Pourtant, rares sont les ouvrages réunissant chercheurs et militants de divers États-membres de l'Union européenne autour de la question : que faire ? Cet ouvrage constitue une contribution substantielle, issues de recherches et de discussions organisées dans divers espaces académiques et militants en Europe, au débat nécessaire sur la question européenne.
Les analyses et les propositions présentées dans ce livre sont le fruit d'un travail mené dans le cadre du réseau européen EReNSEP (European Research Network on Social and Economic Policy), avec des chercheurs et des militants, dont certains de renommée internationale (notamment Joachim Becker, Costas Lapavitsas, Éric Toussaint). Elles s'appuient entre autres sur les interventions réalisées lors des trois premières conférences internationales du réseau (Thessalonique, Paris et Barcelone) en lien avec les perspectives dessinées dans les sommets pour un Plan B en Europe. Cet ouvrage s'inscrit donc dans les débats théoriques et stratégiques qui ont traversé la gauche, notamment en France, en Belgique, en Grèce, en Espagne, en Italie, et aux Royaume-Unis, au sujet des conditions permettant de réaliser une politique sociale et écologiste dans les pays européens et au-delà.
Sur la base de recherches empiriques rigoureuses, l'ensemble des chapitres défend que la gauche, pour se confronter à l'Union européenne néolibérale dans la perspective d'une Europe solidaire, doit renouveler et affiner ses propositions économiques, sociales et politiques. Elle doit se souvenir qu'elle tire sa force de la défense de la démocratie, de la souveraineté populaire, des intérêts des travailleuses et travailleurs et des opprimés. Face à l'impossibilité d'une réforme des institutions européennes, la gauche doit se préparer à une rupture radicale avec le carcan néolibéral imposé par les traités de l'Union européenne et par l'Union économique et monétaire. Si la gauche retrouve du courage politique, il est encore temps pour elle de reprendre la direction des événements. Mais, aujourd'hui, de nouvelles idées sont requises pour mettre l'égalité et la solidarité au coeur d'un projet d'émancipation en Europe, et ailleurs.
Cet ouvrage, qui résulte des travaux d'un nouveau « think tank », académique et militant, à l'échelle européenne (EReNSEP), et qui pour la France intervient dans les débats qui ont traversé les mouvements sociaux (notamment Attac) et les partis de gauche ces dernières années, s'adresse ainsi à tous les chercheurs, militants et citoyens qui s'intéressent à la construction d'alternatives au néolibéralisme et au futur de l'Europe. -
La retraite des syndicats ; les raisons d'une impuissance
Nicolas Castel
- La Dispute
- Essais
- 13 Novembre 2009
- 9782843031915
Les retraites en France subissent, comme dans la plupart des pays européens, une profonde modification depuis la fin des années 1980. Des voix se sont élevées devant cette « réforme », qui constitue une régression sociale d'une ampleur encore sous-estimée, mais elles ont eu peu d'écho, car cette réforme ne se laisse pas identifier facilement comme telle. Le livre de Nicolas Castel, chercheur à l'IDHE-université Paris-Ouest et à l'Institut européen du salariat, cherche à comprendre pourquoi les grandes confédérations syndicales, qui sont des acteurs de premier plan de la protection sociale, retranchées derrière l'idée de la retraite comme revenu différé, ont été dans l'incapacité de défendre le système de retraite. La réforme a en partie échoué, du fait du peu de succès des produits en capitalisation, mais elle est en passe de réussir son objectif premier : transformer la répartition. En mettant cette dernière au service de la prévoyance et de l'assistance, elle rabat la figure du retraité sur l'image de l'inactif pesant sur les actifs. En déplaçant l'enjeu du débat, ce livre montre comment la conception de la retraite comme salaire continué peut bouleverser notre rapport au temps et au travail. En engageant l'ensemble des rapports sociaux de classe, de sexe et jusqu'au sein même de la famille, cette autre vision de la retraite peut contribuer à une salutaire réévaluation sociale et politique du salariat.
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La Grèce et Syriza contre l'Europe de la finance
Stathis Kouvelakis
- La Dispute
- 15 Octobre 2015
- 9782843032622
Un événement politique majeur vient de se produire en Europe : la victoire de la coalition de la gauche radicale Syriza, aux élections législatives du 25 janvier 2015, en Grèce. Il s'agit d'une première contre-attaque politique contre l'Europe de la finance et du néolibéralisme. Le peuple grec, en votant massivement pour Syriza et d'autres partis également opposés aux politiques antidémocratiques et d'austérité imposés par la Troïka et l'Union européenne, a ouvert des possibles réels en vue d'une rupture de gauche, radicale et internationaliste, en Europe.
Après cinq ans de "thérapie de choc" austéritaire en Grèce, le gouvernement conduit par Alexis Tsipras cherche à mettre en oeuvre un programme de lutte contre la pauvreté, la fraude fiscale et la corruption, pour la justice sociale, la défense de l'environnement, le droit des travailleurs et des migrants, suscitant un soutien massif du peuple grec et un soutien international d'une ampleur inégalée ces dernières décennies.
Face à ce mouvement démocratique et anti-austéritaire, l'Union européenne et la Troïka (BCE, FMI, Commission européenne) font front commun. Il s'agit d'empêcher la remise en cause de la cage d'acier de l'austérité et la mise en oeuvre du programme de rupture choisi par le peuple grec mais aussi d'éviter à tout prix qu'en Espagne et en Irlande demain, en Allemagne et en France peut-être après-demain, des forces sociales et politiques alternatives au néolibéralisme - et au fascisme - ne changent la donne en Europe.
Ce livre d'entretiens avec Stathis Kouvelakis - membre du Comité central de Syriza, philosophe, analyste et acteur des récentes évolutions politiques de la gauche en Grèce et en France - donne les clés pour comprendre cette aventure politique qui constitue déjà une référence majeure pour toutes les gauches et qui fera date dans l'histoire de l'Europe. Il est composé de trois entretiens successifs : en janvier 2015, juste avant les élections et la victoire de Syriza ; en février 2015, après un mois d'exercice du pouvoir et au moment du premier bras de fer entre la Grèce et l'Union européenne ; en juin 2015, lors des réunions préalables à une échéance décisive au coeur de cette confrontation.
Il raconte et explique, en détail et de manière vivante, la situation sociale et politique en Grèce ; l'histoire, la composition et l'ascension de Syriza ; son programme et les raisons de son succès ; les premières mesures et les batailles du gouvernement mais aussi ses difficultés et ses faiblesses ; les enjeux de la négociation et de la confrontation avec la BCE, l'Eurogroup et l'Union européenne.
Cet ouvrage éclaire également les nouvelles questions et les enseignements stratégiques de cette situation inédite pour la France et pour l'avenir de l'Europe. "Il n'y a pas d'alternative" ? Autour des enjeux de la dette publique grecque et européenne, des "réformes structurelles" pour dépasser la crise de 2008, du renouvellement des pratiques politiques de la gauche radicale, se joue une confrontation politique de cruciale importance : l'avenir de l'Europe sera-t-il toujours celui du néolibéralisme et de l'accroissement des inégalités, à nouveau celui de l'extrême-droite et de la haine ou bien enfin celui d'une politique de gauche renouvelée, capable de répondre de manière juste et radicale aux défis du temps présent ?
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Marx est un penseur politique majeur, en dépit de préjugés tenaces. Mais en quoi consiste précisément sa pensée politique ? Pour répondre à cette question, ce livre présente des recherches internationales récentes qui renouvellent le regard sur Marx - théoricien, journaliste et militant - et affirment l'actualité de sa pensée. Cet ouvrage collectif aborde divers terrains : philosophie, histoire, économie, théorie politique, question sociale.
Stathis Kouvélakis montre que la critique de l'Etat conduit Marx à repenser les rapports entre économie et politique. Ellen Meiksins Wood relie critique du capitalisme, analyse des luttes de classe, examen des questions de la démocratie, du genre et de la race, en les replaçant dans une perspective historique de longue durée. Kevin Anderson remet en cause l'idée reçue d'un Marx ethnocentriste et insiste sur sa réflexion concernant les sociétés non occidentales.
Guillaume Fondu aborde de façon critique l'économie politique hétérodoxe contemporaine. Antoine Artous revient sur la théorie de la valeur en discutant un livre de Moishe Postone qui a fait date. Fenêtre ouverte sur un marxisme contemporain divers et vivace, ce livre montre que l'oeuvre de Marx et ses prolongements sont indispensables pour penser la transformation sociale et l'action politique aujourd'hui.
Les deux textes anglais sont traduits par Paul Guillibert et Frédéric Monferrand.
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Sortir l'Afrique de la servitude monétaire ; à qui profite le franc CFA ?
Collectif
- La Dispute
- 3 Octobre 2016
- 9782843032806
Le franc CFA, créé en 19,45 comme franc des colonies françaises d'Afrique, est aujourd'hui arrimé à l'euro. Il est en cours dans quinze Etats africains. Si la monnaie est un attribut de souveraineté, les économies de ces pays demeurent sous la coupe d'une double tutelle : française et européenne. Les économistes qui ont collaboré à cet ouvrage, spécialistes des questions monétaires et de l'Afrique, montrent que les peuples concernés souffrent d'une monnaie trop forte, déconnectée des réalités locales. Ils expliquent les fonctions économique et politique de la monnaie, l'histoire du franc CFA et de ses mécanismes. On ne peut concevoir un avenir pour ces pays sans connaître et critiquer les effets de cette monnaie, sans ouvrir des débats en Afrique et en Europe, en France particulièrement, pour mettre fin à cette servitude, en argumentant contre les tenants du statu quo, en ouvrant des alternatives crédibles à cette monnaie de domination.
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Abolir l'arme nucléaire est souvent présenté comme une utopie.
Mais les utopistes ne sont-ils pas ceux qui croient que l'arme nucléaire assure leur sécurité ? Aujourd'hui. les rapports de domination changent de nature. mais ils s'appuient toujours sur la possession par une poignée d'Etats de l'arme nucléaire, dont l'auteur conteste avec conviction la fonction de dissuasion. Le débat public est confisqué. L'auteur revendique le droit à la transparence pour tous les citoyens.
Il dresse un état des lieux des dispositions de chaque pays. des dangers encourus par tous les peuples et. enfin. il aborde la manière d'éliminer les armes nucléaires et le contrôle de leur élimination. Pierre Villard livre un véritable plaidoyer pour l'application, sur le modèle de celles des armes chimiques. biologiques et bactériologiques, de la Convention d'élimination des armes nucléaires - soutenue par la Campagne internationale ICAN -.
Qui doit s'imposer définitivement pour oser en finir avec l'arme nucléaire.
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La politique est en crise, dit-on : perte de crédit des partis, abstentionnisme, populisme, désyndicalisation, refus d'intégration, incivisme, et même violence d'une partie de la population...
Ce constat, largement partagé chez les analystes et les hommes politiques, nourrit des propos moralisateurs et des politiques d'ordre qui aggravent le mal qu'on prétend soigner. Dans la ligne de son précédent ouvrage, Banlieue, banlieue, banlieue, Alain Bertho, enseignant à Paris VIII, propose une grille de lecture différente de ces phénomènes. La forme politique dont sont porteurs l'Etat, les partis et bien d'autres institutions est historiquement close.
Le réel social appelle d'autres représentations, d'autres comportements et d'autres institutions. A défaut, l'Etat, instrumentalisant toujours plus la politique, la videra de son contenu démocratique, pour la confondre définitivement avec une police des populations. Pourtant, les prémices d'une nouvelle pensée politique apparaissent au sein du travail en révolution, de la vie quotidienne, et dans les soubresauts des mouvements sociaux.
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Anicet Le Pors est l'un des ministres communistes dans le gouvernement de Mitterrand, en 1981, où il est chargé de la Fonction publique et des Réformes administratives. Il n'a jamais fait de la politique un métier s'il en a exercé successivement plusieurs : ingénieur, économiste, sénateur et conseiller général des Hauts-de-Seine, puis membre du Conseil d'État et juge à la Cour nationale du droit d'asile. C'est La Trace que reprend ici l'auteur développant ses réflexions sur ses thèmes fondamentaux d'une recomposition politique : laïcité, socialisme, communisme, propriété publique, institutions, citoyenneté, droit d'asile, service public dans une situation de crise qu'il analyse comme une métamorphose.
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Ouvrage de sciences juridiques, nourri de l'apport de l'histoire politique et philosophique du droit pénal, Sortir de l'imposture sécuritaire présente à la fois une critique originale de l'idéologie sécuritaire qui s'est imposée depuis plusieurs décennies comme une évidence en France, et les solutions pour en sortir. Pour cela, l'auteur nous convainc que notre droit pénal contemporain contient déjà tous les leviers nécessaires.
Ces leviers, que le texte invite à (re)découvrir, reposent sur trois exigences posées au fondement de notre code pénal par l'assemblée Constituante de 1791 : légalité des délits et des peines sans rétroactivité; nécessité de la proportionnalité des peines aux délits; contrôle juridictionnel de la répression. Ces trois exigences ont été à l'époque conçues comme l'application concrète dans le domaine judiciaire du principe de sûreté. En effet, loin des dévoiements qu'a subi cette notion dans la suite de notre histoire (Comité de sûreté générale, cour de sûreté de l'Etat à la fin de la guerre d'Algérie, rétention de sûreté), la pierre angulaire de la sûreté est posée par Beccaria dans son livre Des délits et des peines, publié en 1764, comme un principe visant à garantir le respect des droits fondamentaux des citoyens (y compris les justiciables) et l'égalité de tous devant la loi.
Ce principe est alors pensé par la philosophie pénale libérale des Constituants non seulement comme seul moyen d'éviter toute forme d'arbitraire dans l'exercice de la répression, mais aussi, et du même coup, comme seule voie possible pour garantir l'efficacité bien comprise de cette répression.
Dans le contexte contemporain, l'ouvrage porte un éclairage saisissant à l'appui d'une défense inconditionnelle des droits de l'homme, contre la constitutionnalisation de l'état d'urgence, contre sa traduction dans des lois qui normalisent l'exception, contre la qualification même de terrorisme, sans jamais se départir de la responsabilité de prévenir et de réprimer tout acte criminel.
En rappelant les racines bonapartistes du modèle sécuritaire, il déplace la controverse de l'opposition stérile entre « réalistes» et « naïfs », à la querelle entre réactionnaires et libéraux. Il démontre alors que le modèle pénal des Constituants, libéral et guidé par ce principe de sûreté, est seul en mesure de protéger au mieux chacun d'entre nous contre toutes les formes d'insécurité: de la menace terroriste à l'insécurité économique et sociale.
L'auteur nous invite enfin à nous saisir des leviers toujours très forts du code pénal contemporains assis sur ce principe républicain de sûreté, pour sortir de l'imposture du modèle sécuritaire qui, au nom de la promesse intenable d'un monde sans délinquance, menace sans cesse davantage les libertés fondamentales des citoyens, et fabrique toujours plus d'insécurité juridique, en particulier pour les catégories les plus défavorisées de la population. -
Quel communisme au XXIe siècle ? penser avec Marx aujourd'hui Tome 4.2
Lucien Sève
- La Dispute
- Essais
- 15 Octobre 2021
- 9782843033216
Ce livre constitue la deuxième partie du dernier tome de la tétralogie Penser avec Marx aujourd'hui du philosophe Lucien Sève, disparu en 2020 alors qu'il travaillait à la finition de son grand oeuvre. Cette deuxième partie aborde de front la question communiste au XXIe siècle, nouveau en drames et menaces comme en possibilités politiques et promesses d'émancipation. On trouvera dans cet ultime livre à la fois une discussion critique de thèses récentes sur le communisme (par exemple d'Alain Badiou, d'Étienne Balibar, de Bernard Friot, d'Isabelle Garo), une analyse des enjeux, notamment écologiques et anthropologiques, et une poursuite de l'explication et de l'actualisation de la « pensée Marx ».
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Imaginaires du néolibéralisme propose une analyse originale de la nouvelle séquence du néolibéralisme, ouverte par les conséquences de la crise des subprimes, à la lumière des effets concrets de son imaginaire sur les individus : qu'il s'agisse des salariés de l'open space postfordiste, des « nounous » migrantes précaires des grandes métropoles du capital, des « citoyens » de l'après-démocratie, des utilisateurs des réseaux sociaux, ou des écrivains et des enseignants à l'heure de la norme concurrentielle.
En quoi consiste l'efficacité de l'imaginaire néolibéral ? Quelles formes prend-il ? Son analyse permet de comprendre les circonstances objectives et les désordres subjectifs, les violences sociales et les déshérences intérieures, les forces historiques et les discours qui façonnent aujourd'hui notre monde. Elle ouvre également la voie à la production commune d'un autre imaginaire, un ailleurs du néolibéralisme, point de départ d'une échappée vers d'autres horizons, plus démocratiques et plus heureux.
L'ouvrage peut se lire comme un inventaire (incomplet) des formes contemporaines de domination. Mais, en rupture avec les approches critiques désormais classiques du phénomène qui cherchent son homogénéité, la diversité des approches rassemblées insiste sur l'hétérogénéité des configurations de son imaginaire À travers ces fragments disparates, permettant de comprendre à quel point il s'agit d'une particularité des dispositifs néolibéraux que de configurer un imaginaire malléable, adaptable on peut en outre percevoir l'ampleur effective de l'entreprise de normalisation généralisée des subjectivités qui caractérise la transformation néolibérale du monde. L'imaginaire néolibéral se révèle comme un dispositif de production de peur et de généralisation de l'impuissance, voué à corseter les imaginaires au prétexte de l'absence d'alternative.
On y observe une métamorphose de la violence du régime d'accumulation, présentée comme inévitable, absolue, et dépolitisée. Il s'appuie sur une spacialisation et une culturalisation des rapports sociaux.
Qu'il s'agisse de la domination sociale, des affects ordinaires, des modes de gestion du salarié et de la personne ou des subjectivités littéraires, il s'agit de tenter d'identifier, à chaque fois, les logiques à l'oeuvre dans l'entreprise contemporaine de reconfiguration néolibérale et les façons dont elles affectent les sujets et la représentation qu'ils se font d'eux-mêmes et du monde. Les contributions sont regroupées en quatre grandes sections qui explorent cet imaginaire sous l'angle, successivement, du rapport de pouvoir, du lien social, de la nouvelle raison managériale, et, pour finir, de ce que peuvent encore y être l'écriture et la littérature. La question du travail y est inscrite de manière transversale, à travers ses résonances dans la subjectivité du petit individu du monde contemporain, en tant que citoyen, salarié, mais aussi en tant qu'ami ou écrivain.
Le travail de cartographie mené ici, partiel et partial, répond d'abord à la volonté d'envisager la possibilité effective de contre-imaginaires. Chacun à leur façon et dans leur domaine de spécialité respectif, les auteurs ayant contribué à ce volume adoptent une telle posture : pour entrevoir un ailleurs du néolibéralisme, il nous faut chercher à cerner au plus près les freins, passés, présents et à venir, à une telle bifurcation. Et les chercher dans nos propres représentations, nos propres pratiques, y compris critiques, savantes, militantes ou ordinaires. Autant d'exemples qui laissent aussi entrevoir leur ambivalence constitutive : la construction, d'un côté, d'un imaginaire spécifiquement néolibéral, et la possibilité, de l'autre, d'une résistance aux postures individuelles et collectives qu'il valorise - ou, du moins, le point de départ d'une échappée vers d'autres horizons, d'autres imaginaires. -
Cultures communistes au XXème siècle : Entre guerre et modernité
Collectif
- La Dispute
- Essais
- 25 Août 2003
- 9782843030673
Une lecture synthétique de lhistoire du communisme est aujourdhui possible. Les auteurs de cet ouvrage pluridisciplinaire sattachent à deux dimensions essentielles de cette histoire et à leur place dans les cultures communistes : la guerre et la modernité. Quels furent les ressorts de leur influence sur les partis et leurs militants ? Comment sexpriment-elles dans la doctrine, les stratégies, les tactiques, lorganisation et les pratiques militantes ? Du communisme de guerre à la guerre froide, en passant par le mouvement de la paix et la culture de guerre civile, de la Finlande à la Chine, des sportifs au paysans, de la formation des cadres communistes à lexaltation de la cité idéale, en permettant une lecture comparative, dans le temps et lespace, les travaux ici rassemblés à linitiative de Jean Vigreux et Serge Wolikow, de luniversité de Bourgogne, mettent en perspective une série de questions essentielles et jusqualors négligées à la compréhension du phénomène communiste du XXe siècle. Les auteurs, Maurice Agulhon, Maurice Carrez, Vincent Chambarlhac, Alexandre Courban, Michel Dreyfus, Antonio Elorza, Frédérick Genevée, André Gounot, Bruno Groppo, Claudio Ingerflom, Roland Lew, Mikhail Narinski, Claude Pennetier, Michel Pinault, Bernard Pudal, Emmanuel Ranc, Stéphane Sirot, Jean-Charles Szurek, Antony Todorov, Gilles Vergnon, Jean Vigreux, Nicolas Werth et Serge Wolikow, universitaires français ou étrangers, nous livrent des lectures non sans passion, mais sans préjugés.