L'histoire de Chicago May L'histoire de Chicago May
L'histoire de Chicago May L'histoire de Chicago May

L'histoire de Chicago May (prix Femina roman étranger 2006)

Traduction VITALIE LEMERRE  - Langue d'origine : ANGLAIS (IRLANDE)

prix Femina (roman étranger) 2006

À propos

Si je devais raconter sa vie, j'aurais indéniablement des prédispositions. J'étais irlandaise, comme elle. J'étais une femme, et une femme qui, comme elle, n'avait jamais été une mère. Que nous ayons toutes les deux écrit des autobiographies était sans nul doute dû à cela - au fait que nous n'avions pas accompli le travail de mères, ou que nous ne nous étions pas, de quelque façon que ce soit, appliquées à ce que l'Église catholique de son enfance et de la mienne considère comme "les devoirs de notre passage dans cette vie".
Et nous avions toutes les deux vu l'Amérique comme un lieu de transformation. Elle s'y rendit quand elle était jeune ; j'y étais allée en visite de temps en temps dans l'espoir d'opérer un changement sur moi-même et, maintenant, il se trouvait que j'étais sérieusement liée à cet endroit. Les biographes orthodoxes ne parlent jamais des raisons personnelles qui les poussent à s'embarquer dans tel ou tel travail. Ils se présentent comme de purs esprits. Mais j'étais tout à fait consciente que May avait passé une grande partie de sa vie aux États-Unis, que son livre se trouvait dans une bibliothèque de New York et que j'avais fait de nombreux allers et retours à Brooklyn ces dernières années pour rester auprès d'un ami et de sa fillette. Maintes et maintes fois je m'étais quasi engagée vis-à-vis d'eux, mais j'avais ensuite reculé et étais revenue en Irlande. Si je suivais May, je serais là où je devais être - là où se trouvait la question sans réponse de ma propre vie.
N. O'F., extrait de la préface
À peine entend-elle parler d'une jeune Irlandaise qui, en 1890, s'était enfuie de chez elle pour devenir une criminelle célèbre en Amérique sous le nom de " Chicago May ", Nuala O'Faolain se lance sur ses traces. May elle-même avait publié, vers 1920, dans le genre convenu des mémoires de criminels, un récit de souvenirs sur sa vie. Partant de ce matériau anecdotique - qui souvent prend des libertés avec la réalité des faits pour les besoins de la cause -, Nuala O'Faolain mène une véritable enquête, plongeant dans les documents d'époque sur les milieux du crime au tournant du XXe siècle, visitant les lieux où avait vécu May, et tentant de saisir les motivations de cette impénitente et énigmatique soeur d'Irlande, elle aussi exilée aux États-Unis.
On sait de May qu'elle avait une beauté magnétique, de profonds yeux bleus et une superbe chevelure rousse, capturant le coeur des hommes. La nuit où sa mère donne naissance à son cinquième enfant et après avoir volé les économies de sa famille, elle quitte l'Irlande rurale pour embarquer dans une vie de scandales et de crimes. Elle laisse derrière elle un pays gouverné depuis Londres et dans lequel elle ne croit plus, tout comme des milliers d'Irlandais ayant vu leur peuple mourir de faim, et arrive en Amérique, dans le Nebraska, puis à Chicago et enfin à New York où elle devient tour à tour harceleuse, prostituée, voleuse puis danseuse de revue. Après une brève tentative de rachat - elle épouse en secondes noces un héritier du New Jersey, certes le raté de la famille -, elle revient à sa vie d'aventures et, en 1901, part pour Londres. Là, elle tombe amoureuse d'un des plus grands criminels de l'époque, Eddie Guerin. Elle le suit jusqu'à Paris où, ensemble, ils cambriolent l'agence American Express. Elle parvient à s'enfuir avec le butin mais, femme amoureuse, elle ne peut s'empêcher de revenir à Paris où Eddie, lui, a été arrêté, pour tenter de lui porter secours. Alors qu'il est déporté sur l'île du Diable, elle est condamnée à cinq années de travaux forcés à Montpellier. Elle s'en sort, repart en Amérique où elle réinvente de nouvelles vies, retombe amoureuse et continue de vivre hors la loi, jusqu'à sa mort, en 1929.
Nuala O'Faolain, s'emparant du destin exceptionnel de cette femme, se garde bien d'en faire une héroïne romanesque et sentimentale : à partir des fragments dont elle dispose et grâce aussi à sa propre expérience, elle conduit une réflexion sur la vie intérieure d'une femme qui a choisi de sortir des sentiers battus. Son enquête est fascinante par sa manière de réfléchir aux frontières mouvantes entre biographie, autobiographie et roman : ne dit-elle pas que Chimères (2003), son roman, révèle plus d'elle-même que On s'est déjà vu quelque part oe(2002) et J'y suis presque (2005), ses deux textes autobiographiques ? L'Histoire de Chicago May, qui redonne vie à une héroïne disparue dont le destin aurait pu, comme tant d'autres, sombrer dans l'anonymat, est aussi un livre magnifique sur la vie d'une femme qui a choisi l'aventure, et la solitude.

Rayons : Littérature générale > Romans & Nouvelles

  • EAN

    9782848050430

  • Disponibilité

    Disponible

  • Nombre de pages

    442 Pages

  • Longueur

    18.4 cm

  • Largeur

    14 cm

  • Épaisseur

    2.4 cm

  • Poids

    480 g

  • Distributeur

    Sodis

  • Support principal

    Grand format

Infos supplémentaires : Broché  

Nuala O'Faolain

  • Naissance : 1-3-1940
  • Décès :9-5-2008 (Mort il y a 12 ans à l'âge de 68 ans)
  • Pays : Irlande
  • Langue : Anglais (irlande)

Nuala O'FaOlaiN est née à Dublin en 1940 et morte, dans la même ville, en 2008.ÿElle a révélé en 1996 son talent d'écrivain avec On s'est déjà vu quelque part ?, ce récit autobiographique de plus de trois cents pages qui à l'origine devait être une simple préface à l'édition de ses chroniques dans le Irish Times. Nuala O'Faolain y raconte une enfance difficile et bohème, au milieu d'une fratrie de neuf, entre un père absent, brillant journaliste hantant les nuits de Dublin, et une mère romantique et désespérée qui se réfugiait dans l'alcool. Après des études de littérature et divers métiers, Nuala O'Faolain est devenue productrice de télévision puis journaliste, à Londres d'abord pour la BBc, et à Dublin.ÿSon premier livre, par son phénoménal suc- cès - notamment aux états-Unis - et le phéno- mène d'identification qu'il a suscité auprès de toute une génération de femmes, a changé sa vie, qu'elle a alors consacrée à l'écriture.ÿTous ses livres ont été publiés en français par sabine Wespieser, à qui elle a confié la gestion de ses droits : On s'est déjà vu quelque part ? (2002) ; Chimères (2003) ; J'y suis presque (2005) ; L'Histoire de Chicago May (prix Femina étranger 2006) ; Best Love Rosie (2008) et Ce regard en arrière (2011), un recueil de ses écrits journalistiques.

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